Religion, mythes et légendes

Religion, mythes et légendes

     Selon les cultures les requins n’évoquent pas les mêmes pensées.

 

     Les peuples du Pacifique ont reconnu cet animal comme symbole, Dieu ou demi-dieu.

 

     Pour les indigènes des îles Salomon, le requin est habité par les âmes des morts. Ils l’adorent par des sacrifices. Le prêtre-requin sacrifie un cochon par étouffement durant ses prières. La viande est ensuite cuite, découpée et consommée sous forme de partage entre les requins et les indigènes. Ces derniers vont dans l’eau à leur rencontre et les caressent. Pour eux il n’y a pas d’espèces de requin mais un requin. Tous les individus sont désignés comme LE requin. De mémoire d’homme aucun indigène n’a été blessé.

 

     L’archipel Bismarck a sa propre légende : deux frères TO Karvuvu et TO Kabinana aurait « tout créé » mais TO Karvuvu voulait des compagnons de pêches. Les requins sont apparus mais les créatures ont fini par lui échapper.

 

     Les aborigènes d’Australie affirment que Bangudja, le requin tigre, attaqua un homme dauphin dont le sang tâche pour toujours les rochers de Chasm Island.

 

     Selon les peuples les symboliques varient.

 

     Ainsi pour les tahitiens le requin est associé à la sagesse et pour les hawaïens il est synonyme de protection. Les maoris voient en lui un guide bienfaiteur du marin égaré. Quant aux polynésiens il représente l’incarnation ultime de l’âme, un Dieu (Kauhuhu) vivant dans une caverne dont aucun visiteur n’est ressorti. Chez les japonais il symbolise la terreur et au Viêt-nam on retrouve des petits autels en l’honneur de Ca ong « Seigneur des poissons » qui n’est autre que le requin-baleine.

 

     En Occident le requin est apparu tardivement dans les pensées collectives. Tout a démarré par des écrits et des gravures retraçant la peur et la surprise ressentis par les Hommes.

 

     L’image du requin est particulièrement négative. Au-delà d’attiser la peur certains ont adopté une pensée simpliste « un bon requin est un requin mort ».

 

     Le requin est apparu avant de nombreuses espèces actuelles. Derrières ces poissons se cachent près de 450 millions dévolution. Les plus anciens fossiles datent de 180 millions d’années. Des groupes ont disparu mais d’autres, encore actuels, ont des fossiles de près de 100 millions d’années.

 

     Le plus connu des requins disparu est le Carcahrodon Mégalodon - . Véritable géant des mers, ses dents mesurent près de 18 cm et dans l’envergure de sa mâchoire un homme peut se tenir debout. Et si Jonas n’avait pas été mangé par une baleine .. ?

 

 

     La mauvaise réputation des requins été déjà d’actualité au Moyen-âge :

 

     « Ce poisson mange les autres, il est très goulu, il dévore les hommes entiers, comme on a connue par expérience ; car à Nice et à Marseille on a autrefois pris des Lamies, dans l'estomac desquelles on a trouvé homme armé entier. »

—      Guillaume RondeletL'histoire entière des poissons (1558)

 

     La quadrilogie Les Dents de la mer / Jaws a relancé et médiatisé cette image négative de tueur en besoin de sang. Pourtant il règne dans les films de Spielberg une accumulation d’erreur (comportement, anatomie..). Quelques décennies plus tard le réalisateur a participé à une expédition sur les requins. Au contact des professionnels du monde-marins il a reconnu que le film avait été un merveilleux succès commercial mais que d’un point de vue « biologique » et de « terreur collective » il regrettait l’ampleur prise.

 

     Le requin est l’un des animaux qui provoquent le moins d’accident mortel ou non sur l’homme. Il est battu sur ce terrain par les éléphants, les crocodiles ou même les hippopotames. La médiatisation fait ici toute la différence. Un grand blanc en tête d’affiche fera mieux vendre un film qu’un cobra ou un hippopotame. Le moindre soupçon d’apparition d’un aileron de requin peu faire couler une avalanche d’article dans les journaux tandis que des hommes piétinées par des éléphants ou découpés par des crocodiles sont plus « communs » et moins vendeurs.

 

     Il suffit de prendre LA peur ancestrale d’être dévoré vivant, d’y mêler l’incapacité de voir les profondeurs lors d’une baignade et d’y ajouter que l’homme n’est qu’un animal terrestre impossible de maîtriser le milieu aquatique pour obtenir une catastrophe écologique. La population des requins a été exterminée à près de 90 % ces 50 dernières années et de nombreuses espèces sont maintenant éteintes.

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